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Philosophie politique

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20 octobre 2010

Le courage de la vérité par Foucault

Les mentions légales sont tellement contraignantes qu’on hésite à signaler l’existence des enregistrements audio du cours au Collège de France de Foucault, publié l’année dernière sous le titre Le courage de la vérité.

18 octobre 2010

La toxicité du travail en France

« Le fond du problème est donc ailleurs. Il réside dans ce qu’on peut appeler la toxicité du travail en France. On dispose désormais sur le sujet aussi bien de faits divers que d’analyses fouillées. Du côté des économistes, Philippe Askenazy posait dès 2004 le problème. Depuis, Thomas Philippon et Éric Maurin (qu’il est encore bien temps de lire et… de chroniquer !) ont apporté des contributions très éclairantes. On pourrait les résumer en disant que le travail est au centre des préoccupations des français, davantage que de celles des habitants de pays comparables. Nous considérons le travail comme une valeur importante et comme une activité particulièrement épanouissante par nature. Dans le même temps, l’organisation de nos entreprises et les relations sociales qui y prévalent, le fonctionnement du marché du travail et du système éducatif produisent une crainte du déclassement qui conduisent à nous accrocher à un emploi, même lorsque celui-ci est particulièrement insatisfaisant. De ce point de vue, la retraite est la libération ultime. La retarder de deux années est une rude perspective. »

Encore une réforme ratée pour le Président Sarkozy

1 octobre 2010

Sur le lien intergénérationnel

Un entretien dense avec André Masson à propos des liens entre générations.

« La plupart des prises de position sur le lien intergénérationnel se rattachent à une conception spécifique de la famille et de son rôle dans la société. C’est par ce biais qu’elles reposent, presque inexorablement, sur des a priori métaphysiques. Ceci n’est pas critiquable en soi, du moins si l’on souscrit à une vision plus « instrumentaliste » que « réaliste » de la science, selon laquelle les faits seraient toujours chargés de théorie. Poser ainsi que l’État peut se substituer avec bonheur à la famille sans présenter les mêmes inefficacités, iniquités ou effets pervers (obligations, arbitraire, dépendance, etc.) est une hypothèse clef, difficilement réfutable dans sa généralité, de la pensée de l’égalité citoyenne : celle-ci apparaît au départ parfaitement estimable, mais tout dépendra de la manière dont elle sera explicitée ou nuancée, appliquée à des contextes précis et argumentée par l’auteur considéré. »

« Des liens et des transferts entre générations », entretien avec André Masson

11 août 2010

Jaime Semprun (1947-2010)

« Jaime Semprun, né le 26 juillet 1947, est mort le 3 août 2010. Il avait soixante-trois ans.

Ses premiers ouvrages – La Guerre sociale au Portugal (1975), Précis de récupération (1976), La Nucléarisation du monde (L’Assommoir, 1980, rééd. 1986) – parurent aux éditions Champ Libre. Il collabora épisodiquement à la revue L’Assommoir (1977-1985).

En 1984, il prend l’initiative de fonder l’Encyclopédie des Nuisances, qui paraît en quinze fascicules jusqu’en 1992. En 1993, il lance les Éditions de l’Encyclopédie des Nuisances (EdN), où il publie notamment des ouvrages de Baudouin de Bodinat, Theodore Kaczynski, Jean-Marc Mandosio et René Riesel, ainsi que des textes d’auteurs plus anciens, allant de Tchouang Tseu à George Orwell et Günther Anders (en coédition avec les éditions Ivrea pour ces deux derniers). Il y fait également paraître ses propres ouvrages : Dialogues sur l’achèvement des Temps modernes (1993), L’Abîme se repeuple (1997), Apologie pour l’insurrection algérienne (2001), Défense et illustration de la novlangue française (2005), Catastrophisme, administration du désastre et soumission durable (2008, en collaboration avec René Riesel).

« Nous n’attendons rien d’une prétendue “volonté générale” […], ni d’une “conscience collective des intérêts universels de l’humanité” qui n’a à l’heure actuelle aucun moyen de se former, sans parler de se mettre en pratique. Nous nous adressons donc à des individus d’ores et déjà réfractaires au collectivisme croissant de la société de masse, et qui n’excluraient pas par principe de s’associer pour lutter contre cette sursocialisation. Beaucoup mieux selon nous que si nous en perpétuions ostensiblement la rhétorique ou la mécanique conceptuelle, nous pensons par là être fidèles à ce qu’il y eut de plus véridique dans la critique sociale qui nous a pour notre part formés, il y a déjà quarante ans. » (Catastrophisme, administration du désastre et soumission durable, p. 11.)

« Ainsi ne s’est-il jamais cru meilleur que les combats de son temps, et a-t-il su y participer pour les rendre meilleurs : il est donc forcément très mal vu des impuissants, des moralistes et des esthètes. » (L’Abîme se repeuple, p. .) »

Communiqué des Éditions de l’Encyclopédie des Nuisances, 9 août 2010

« Jaime Semprun était de ceux qui disent non. Qui sont contre. Pour qui la critique sociale est une nécessité vitale. De l’aventure situationniste menée dans les années 60 par Guy Debord et sa bande, et dont on sait qu’elle fut alors la seule à conduire une pensée radicale, novatrice, tranchante, « L’Encyclopédie », d’abord revue plus maison d’édition, fût le seul surgeon vivace : là s’entêtèrent quelques esprits libres à mener une critique foudroyante de la société industrielle et de ses mécanismes, et de ses pseudo-évidences. On n’arrête pas le « progrès » ? Jaime et ses amis l’analysaient, perçaient son bluff, s’inscrivaient contre le nucléarisme, contre le TGV et son despotisme de la vitesse, contre la Très Grande Bibliothèque, contre les éoliennes, etc. Et argumentaient. Dans le camp d’en face, rien d’autre qu’une pensée magique (« Le progrès, c’est forcément bien ») et l’increvable mystique de la croissance. Chez eux, l’exercice de la raison, le déboulonnage des idoles, la volonté d’en finir avec la fausse conscience généralisée. »

Jean-Luc Porquet, Quand un ami s’en va, in Le Canard Enchaîné, n° 4685, 11 août 2010.

13 mai 2010

À l'attention de nos lecteurs et abonnés

Une triste nouvelle pour une revue de belle facture :

« La dix-septième livraison de la RiLi ne paraîtra pas, du moins dans l’immédiat. Nous ne disposons pas aujourd’hui de la trésorerie nécessaire à l’impression et à la diffusion de notre revue. Nous subissons comme beaucoup de nos confrères les effets de la crise économique qui perdure. Les solutions à court terme que nous avons envisagées ces derniers jours pour passer ce mauvais cap se sont révélées impraticables. Il nous faut réorganiser notre activité plus radicalement. »

À l’attention de nos lecteurs et abonnés

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