Varia

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

23 juin 2009

Revue Théoscope - Appel à contributions

« Dans le prolongement du laboratoire de l’ENS LSH EPAER, la revue en ligne Théoscope va voir le jour.

L’étude empirique des religions renvoie à une grande diversité de disciplines : sociologie, histoire, anthropologie, psychologie ou sciences cognitives. Les sciences de l’objet religieux posent alors une série de problèmes épistémologiques et philosophiques comme la diversité des approches empiriques, l’émergence historique de ces disciplines, l’objectivation des pratiques religieuses ou leurs engagements philosophiques et métaphysiques. Ces problèmes qui ne sont pas exhaustifs formeront le coeur de la revue. Celle-ci vise donc à promouvoir aussi bien des travaux scientifiques que philosophiques, pourvus qu’ils concernent les enjeux des approches empiriques des religions.

Pour la première livraison, aucun thème n’est imposé. Nous vous invitons chaleureusement à envoyer des articles entièrement rédigés à l’adresse du rédacteur en chef : mchauffray at gmail.com

La revue sera à terme intégrée à la plate-forme revues.org avec des articles thématiques et généraux au rythme d’une livraison tous les six mois. La revue bénéficie d’ores et déjà d’un comité scientifique composé de : Michel Bastit (Bourgogne-Nancy), Olivier Bobineau (ICP), Sacha Bourgeois-Gironde (ENS LSH), Philippe Capelle-Dumont (ICP et Université de Strasbourg), Emmanuel Falque (ICP), Pierre Gisel (Université de Lausanne), Nadine Le Meur (ENS LSH), Cyrille Michon (Nantes), Frédéric Nef (EHESS), Roger Pouivet (Archives Poincaré, Nancy2) et Ghislain Waterlot (Université de Genève).

Les membres du laboratoire EPAER assureront l’essentiel des comités de lecture et de rédaction. »

Théoscope

22 juin 2009

De la simplicité

De la simplicité De la simplicité par John Maeda

Compte-rendu

Un livre décevant sans doute dû au fait que je m’attendais à une explication sur la conception (le design) d’objets techniques : au lieu de cela, l’auteur nous présente des principes moraux organisés sous la forme de dix lois. Si nous frôlons parfois le simplisme avec certaines d’entres elles (voir la loi n°2 : avec de l’organisation, un ensemble composé de nombreux éléments semble plus réduit), nous tombons dans la banalité avec d’autres, comme la troisième (optimisez vos temps d’attente !) ou comme la quatrième (la pédagogie, c’est la répétition !). Pas grand chose à retenir de ce livre si ce n’est l’exemple de l’évolution de la position des touches de commandes de l’Ipod (p. 48) et la métaphore du code source comme brouillon d’un logiciel (p. 164).

Un carnet Web prolonge l’ouvrage.

Lire toutes mes critiques.

Reprise 2009

Je ne supporte plus le jaune de ce carnet et ces liens illisibles : ce carnet bascule en mode travaux, il pourra parfois être inaccessible.

3 jours

« J’ai retenu la vie
Pour que dure l’instant sous le poids des mémoires
j’ai retenu la nuit
plus doucement qu’une main de femme
plus longuement sans oublier
contre des murs vivants
sur un étroit chemin utile comme un arbre »

Nadia Tuéni, juin et les mécréantes

Alors que je voulais te montrer que tu avais tort de vouloir supprimer tes poèmes, en en sélectionnant quelques uns pour les rassembler sous la forme d’un livre que je t’aurai offert à ton retour à la mi-juillet, voilà que j’apprends que, non seulement tu as déjà fait tout ce travail en m’envoyant ton propre manuscrit, mais qu’en plus tu arrives dans 3 jours : alors oui, s’en est et oui c’est maintenant ou jamais.

21 juin 2009

Maintenant ou jamais

Fleur

« C’est le moment ou jamais d’en profiter à fond les ballons, non pas en se jetant à corps perdu dans la consommation à outrance ou dans l’individualisme forcené, mais en prenant bien conscience qu’à l’heure où le bateau coule sans que les canots aient été mis à la baille, il faut savourer sauvagement chaque mesure que persiste à nous jouer l’orchestre dans la débâcle. Il n’a jamais été aussi urgent de goûter à la douceur de vivre, jamais aussi important d’en finir avec les conventions rigides, les faux-semblants, les faux-culs, les excuses de merde, les fâcheux, toute cette accumulation de petits renoncements et grands ratages qui nous pourrissent constamment la vie en échange de la promesse d’une récompense future. Ce n’est pas non plus la philosophie égoïste du “après nous, la fin du monde”. C’est juste que la fin du monde, c’est pour notre gueule et c’est imminent. Fallait bien que ça tombe sur quelqu’un, à force, un peu comme ma grand-mère qui annonce à chaque printemps que c’est le dernier qu’elle verra fleurir. »

Maintenant ou jamais

20 juin 2009

Deux ou trois choses que j'avais à vous dire

« Mais que peut-elle, cette formation ? Inventer des « associations de malfaiteurs », voter des « lois anti-bandes », greffer des incriminations collectives sur un droit qui prétend ne connaître de responsabilité qu’individuelle. Que peut-elle ? Rien, ou si peu. Abîmer à la marge, en neutraliser quelques-uns, en effrayer quelques autres. Cette politique de séparation se retourne même, par un effet de surprise : pour un neutralisé, cent se politisent ; de nouveaux liens fleurissent là où l’on s’y attendait le moins ; en prison, dans les comités de soutien se rencontrent ceux qui n’auraient jamais dû ; quelque chose se lève là où devaient régner à jamais l’impuissance et la dépression. Troublant spectacle que de voir la mécanique répressive se déglinguer devant la résistance infinie que lui opposent l’amour et l’amitié. C’est une infirmité constitutive du pouvoir que d’ignorer la joie d’avoir des camarades. Comment un homme dans l’État pourrait-il comprendre qu’il n’y a rien de moins désirable, pour moi, que d’être la femme d’un chef ? »

Yildune Lévy, Deux ou trois choses que j’avais à vous dire

19 juin 2009

Développement durable

« Les grands pollueurs ont tout intérêt à ce que le « développement durable » soit avant tout un problème de responsabilisation du consommateur-citoyen, faisant ainsi de la pollution un problème de manque de civisme et de la consommation une solution : la meilleure façon de protéger la nature, c’est encore de consommer… Et le consommateur n’a plus que l’embarras du choix : entre Leclerc et Carrefour, lequel soutenir de son acte d’achat « écologique » et « éthique » ? Quelle enseigne oligopolistique vouée à la consommation de masse, poussant au productivisme, au dumping social et aux délocalisations, jetant sur les routes un flux exponentiel de camions, est la plus engagée sur la voie du « développement durable » ? »

Benoit Eugène, Le « développement durable »

18 juin 2009

Sujets de philosophie du baccalauréat 2009

Séries générales

Série L

  • Le langage trahit-il la pensée ?
  • L’objectivité de l’histoire suppose-t-elle l’impartialité de l’historien ?
  • Expliquer le texte suivant :

    Il n’y a pas de satisfaction qui d’elle-même et comme de son propre mouvement vienne à nous ; il faut qu’elle soit la satisfaction d’un désir. Le désir, en effet, la privation, est la condition préliminaire de toute jouissance. Or avec la satisfaction cesse le désir et par conséquent la jouissance aussi. Donc la satisfaction, le contentement ne sauraient être qu’une délivrance à l’égard d’une douleur, d’un besoin ; sous ce nom, il ne faut pas entendre en effet seulement la souffrance effective, visible, mais toute espèce de désir qui, par son importunité, trouble notre repos, et même cet ennui qui tue, qui nous fait de l’existence un fardeau. Or c’est une entreprise difficile d’obtenir, de conquérir un bien quelconque ; pas d’objet qui ne soit séparé de nous par des difficultés, des travaux sans fin ; sur la route, à chaque pas, surgissent des obstacles. Et la conquête une fois faite, l’objet atteint, qu’a-t-on gagné ? Rien assurément, que de s’être délivré de quelque souffrance, de quelque désir, d’être revenu à l’état où l’on se trouvait avant l’apparition de ce désir. Le fait immédiat pour nous, c’est le besoin tout seul c’est-à-dire la douleur. Pour la satisfaction et la jouissance, nous ne pouvons les connaître qu’indirectement ; il nous faut faire appel au souvenir de la souffrance, de la privation passée, qu’elles ont chassées tout d’abord. Voilà pourquoi les biens, les avantages qui sont actuellement en notre possession, nous n’en avons pas une vraie conscience, nous ne les apprécions pas ; il nous semble qu’il n’en pouvait être autrement ; et, en effet, tout le bonheur qu’ils nous donnent, c’est d’écarter de nous certaines souffrances. Il faut les perdre pour en sentir le prix ; le manque, la privation, la douleur, voilà la chose positive, et qui sans intermédiaire s’offre à nous.

    Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation.

Série ES

  • Que gagne-t-on à échanger ?
  • Le développement technique transforme-t-il les hommes ?
  • Expliquer le texte suivant :

    Quant à savoir s’il existe le moindre principe moral qui fasse l’accord de tous, j’en appelle à toute personne un tant soit peu versée dans l’histoire de l’humanité, qui ait jeté un regard plus loin que le bout de son nez. Où trouve-t-on cette vérité pratique universellement acceptée sans doute ni problème aucun, comme devrait l’être une vérité innée ? La justice et le respect des contrats semblent faire l’accord du plus grand nombre ; c’est un principe qui, pense-t-on, pénètre jusque dans les repaires de brigands, et dans les bandes des plus grands malfaiteurs ; et ceux qui sont allés le plus loin dans l’abandon de leur humanité respectent la fidélité et la justice entre eux. Je reconnais que les hors-la-loi eux-mêmes les respectent entre eux ; mais ces règles ne sont pas respectées comme des lois de nature innées : elles sont appliquées comme des règles utiles dans leur communauté ; et on ne peut concevoir que celui qui agit correctement avec ses complices mais pille et assassine en même temps le premier honnête homme venu, embrasse la justice comme un principe pratique.La justice et la vérité sont les liens élémentaires de toute société : même les hors-la-loi et les voleurs, qui ont par ailleurs rompu avec le monde, doivent donc garder entre eux la fidélité et les règles de l’équité, sans quoi ils ne pourraient rester ensemble. Mais qui soutiendrait que ceux qui vivent de fraude et de rapine ont des principes innés de vérité et de justice, qu’ils acceptent et reconnaissent ?

    Locke, Essai sur l’entendement humain.

Série S

  • Est-il absurde de désirer l’impossible ?
  • Y a-t-il des questions auxquelles aucune science ne répond ?
  • Expliquez le texte suivant :

    Les affaires générales d’un pays n’occupent que les principaux citoyens. Ceux-là ne se rassemblent que de loin en loin dans les mêmes lieux ; et, comme il arrive souvent qu’ensuite ils se perdent de vue, il ne s’établit pas entre eux de liens durables. Mais quand il s’agit de faire régler les affaires particulières d’un canton par les hommes qui l’habitent, les mêmes individus sont toujours en contact, et ils sont en quelque sorte forcés de se connaître et de se complaire.
    On tire difficilement un homme de lui-même pour l’intéresser à la destinée de tout l’État, parce qu’il comprend mal l’influence que la destinée de l’État peut exercer sur son sort. Mais faut-il faire passer un chemin au bout de son domaine, il verra d’un premier coup d’ oeil qu’il se rencontre un rapport entre cette petite affaire publique et ses plus grandes affaires privées, et il découvrira, sans qu’on le lui montre, le lien étroit qui unit ici l’intérêt particulier à l’intérêt général.
    C’est donc en chargeant les citoyens de l’administration des petites affaires, bien plus qu’en leur livrant le gouvernement des grandes, qu’on les intéresse au bien public et qu’on leur fait voir le besoin qu’ils ont sans cesse les uns des autres pour le produire.
    On peut, par une action d’éclat, captiver tout à coup la faveur d’un peuple ; mais, pour gagner l’amour et le respect de la population qui vous entoure, il faut une longue succession de petits services rendus, de bons offices obscurs, une habitude constante de bienveillance et une réputation bien établie de désintéressement.
    Les libertés locales, qui font qu’un grand nombre de citoyens mettent du prix à l’affection de leurs voisins et de leurs proches, ramènent donc sans cesse les hommes les uns vers les autres, en dépit des instincts qui les séparent, et les forcent à s’entraider.

    Tocqueville, De la démocratie en Amérique.

Séries technologiques

Toutes séries (hors TMD)

  • Peut-on être sûr d’avoir raison ?
  • La technique s’oppose-t-elle à la nature ?
  • Expliquez le texte suivant :

    La loi ne consiste pas tant à limiter un agent libre et intelligent qu’à le guider vers ses propres intérêts, et elle ne prescrit pas au-delà de ce qui conduit au bien général de ceux qui sont assujettis à cette loi. S’ils pouvaient être plus heureux sans elle, la loi s’évanouirait comme une chose inutile ; et ce qui nous empêche seulement de tomber dans les marais et les précipices mérite mal le nom de contrainte. De sorte que, quelles que soient les erreurs commises à son propos, la finalité de la loi n’est pas d’abolir ou de restreindre mais de préserver et d’élargir la liberté ; et dans toutes les conditions des êtres créés qui sont capables de vivre d’après des lois, là où il n’y a pas de loi, il n’y a pas de liberté. Car la liberté consiste à être délivré de la contrainte et de la violence exercées par autrui, ce qui ne peut être lorsqu’il n’y a point de loi ; mais la liberté n’est pas ce que l’on nous dit, à savoir une liberté, pour tout homme, de faire ce qui lui plaît (car qui peut être libre quand n’importe quel homme peut nous imposer ses humeurs ?). Mais c’est une liberté de disposer et d’ordonner comme on l’entend sa personne, ses actions, ses biens et l’ensemble de sa propriété, dans les limites de ce qui est permis par les lois auxquelles on est soumis ; et, dans ces limites, de ne pas être assujetti à la volonté arbitraire de quiconque, mais de suivre librement sa propre volonté.

    Locke.

    1. Dégagez la thèse du texte et mettez en évidence les étapes de son argumentation.
      • Précisez la conception de la liberté à laquelle Locke s’oppose dans ce texte.
      • En vous appuyant sur l’image de la ligne 4, expliquez : « guider [un agent libre et intelligent] vers ses propres intérêts ».
      • Comment Locke définit-il la liberté ? Expliquez cette définition en vous appuyant précisément sur le texte.
    2. La loi est-elle la condition de la liberté ?

17 juin 2009

La bande dessinée sans éditeurs

« Pourtant tout va bien, me dira-t-on. Cette production en masse est certainement la preuve que la « bédé » est encore un média de masse. Plus que jamais de belles traductions, plus que jamais de splendides rééditions et plus que jamais l’émergence de jeunes dessinateurs/dessinatrices à la virtuosité évidente. C’est merveilleux, tout va bien, on en pleure de joie.

Mais ce bonheur au rose bonbon parfait est aussi le signe que derrière l’éditeur il n’y a plus d’éditeurs, qu’il n’y a plus ces primo lecteurs, ces curieux, ces maïeuticiens d’auteurs et de livres originaux. Car toute cette belle production qui peut faire illusion reste principalement de l’ordre du « clé en main » et de la minimalisation maximale de tout risque. On traduit les livres qui ont marché ailleurs ou qui incarnent une forme à succès (les mangas). On fait des intégrales pour officiellement rendre disponibles un patrimoine mais surtout en se souvenant du succès passé de séries qu’il serait bon de faire fructifier pendant qu’on a encore les droits, et qu’il sera plus facile de gérer sous cette forme plutôt que sous celle de l’album.Enfin, on édite de jeunes auteurs surtout s’ils ont le style « dont on parle », « qui ressemble à » ou parce que leur blogue est visité.

Chez ces éditeurs, l’éditeur est un directeur de collection au sens basique, un cochon truffier de la tendance, où la forme prime sur le fond, quitte à faire rentrer ce dernier au chausse-pieds dans la sacro-sainte collection maison. »

La bande dessinée sans éditeurs

16 juin 2009

Faisons passer la politique du système propriétaire à celui du logiciel libre

« Soyons clairs : je ne cherche pas à éluder la question de la stratégie et des alliances possibles. Je veux d’abord que l’on comprenne que notre succès n’est pas le fruit d’un vote d’humeur, ni même d’un habile agencement de nos convictions écologistes et européennes. Les idées, pas plus que les personnes, n’appartiennent pas à quelqu’un. Elles ont vocation à circuler librement, à se propager et à évoluer aux contacts des autres. Certains, déjà, ne se sont pas gênés de puiser dans nos propositions et ils seront bien plus nombreux encore à le faire dans les mois qui viennent. Qu’ils sachent que nous jugerons de leur sincérité à leurs actes et non à leurs discours. »

Daniel Cohn-Bendit, Faisons passer la politique du système propriétaire à celui du logiciel libre

- page 1 de 85